Le campement Yéniche sera surveillé de près

Freitag, 4. Mai 2018

Vingt caravanes se sont installées sur le terrain d’un agriculteur. Pas d’expulsion en vue, mais la Municipalité taxera le propriétaire.

Depuis samedi, une vingtaine de caravanes sont stationnées aux abords de la route des Mines de sel, entre Bex et les Dévens. «Un campement yéniche, informe le municipal bellerin Pierre-Yves Rapaz. Il est installé sur le terrain d’un agriculteur de la commune.»

Le propriétaire du champ, Olivier Schwitzgebel, confirme avoir donné son autorisation à la venue de ces caravanes. Mais avoue d’emblée: «C’est une expérience que je ne renouvellerai pas; je ne veux pas d’ennuis avec la Commune.» Selon l’agriculteur, la taille du campement dépasse ce qui avait été annoncé par les locataires: «Ils m’ont demandé à installer quatre à cinq caravanes. Sept ou huit sont arrivées. Il y en a maintenant une vingtaine.»

Porte-parole de la communauté Yéniche et lui-même présent à Bex, Albert Barras conteste: «Nous avons annoncé au propriétaire une quinzaine de caravanes; nous lui avons ensuite demandé si la présence de cinq véhicules supplémentaires était un problème. Il nous a donné son accord.» Selon le Fribourgeois, un loyer de 300 francs a été négocié avec le paysan bellerin, pour une durée de deux semaines. Soit un séjour standard pour sa communauté. Albert Barras affirme que ce délai sera respecté.

Ardoise de 1800 francs

La Municipalité y veillera. Lundi, elle a formellement donné son accord à l’installation de ce campement, nécessaire pour un séjour dépassant quatre jours, signale le syndic Pierre Rochat (PLR). Qui précise que le propriétaire devra reverser à la commune le montant de la taxe de séjour. «La Police du Chablais effectuera le comptage des véhicules pour en déterminer le montant», signale l’édile qui ne révèle pas ce qu’il en coûtera à Olivier Schwitzgebel. Un coup d’œil au règlement communal sur la taxe de séjour indique toutefois qu’un forfait de 90 francs par véhicule sera perçu. Soit une ardoise d’environ 1800 francs, largement supérieure au loyer perçu par le propriétaire. Albert Barras assure que sa communauté s’acquittera de cette taxe auprès du propriétaire.

Le syndic regrette que la Municipalité ait été mise «devant le fait accompli», mais reconnaît: «Si une demande avait été faite pour obtenir un terrain communal, nous y aurions répondu négativement parce que nous ne possédons pas de parcelle adaptée.» Son collègue et député UDC Pierre-Yves Rapaz se montre plus virulent, assurant que la situation sera suivie de près: «Un contrôle du site, et notamment sur la présence éventuelle de déchets, sera effectué.» Une expulsion n’est toutefois pas à l’ordre du jour: «Ces démarches administratives nous prendraient sûrement plus que deux semaines. Mais nous prendrons des mesures si cette occupation se prolonge.» Pour l’heure, et après quatre jours d’occupation, «le terrain est nickel», relève toutefois Olivier Schwitzgebel.

Les Yéniches continuent d’espérer la création de places dédiées en Suisse romande. Trois seraient nécessaires pour le Canton de Vaud, avec qui les discussions sont en cours. (24 heures)

David Genillard, 02.05.2018, 24heures

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