Les gens du voyage sont souvent la cible de critiques. À raison parfois, mais aussi à tort.
À Berne, on commence à s’agiter sur la question des gens du voyage. Dans les colonnes de «24 heures», le conseiller national Philippe Nantermod saute à pieds joints dans un champ de mines. Il évoque des polices dotées de bulldozers pour déloger les caravanes nomades ou, à défaut, plaide pour l’interdiction pure et simple de ces populations sur le sol helvétique.
Si le Valaisan piétine sans réserve ce terrain explosif, c’est aussi qu’il se sait, lui, parfaitement à l’abri des déflagrations. Les gens du voyage sont dans le viseur des autorités cantonales et locales, des habitants, des automobilistes et de l’opinion publique. Qui va s’émouvoir du sort réservé à des individus qui, en substance, congestionnent le trafic et souillent les terrains? Admettons que ce cliché – erroné dans la plupart des cas – soit vrai.
Ces griefs sont-ils suffisants pour restreindre les droits de ces citoyens?
Jamais 200 policiers valaisans ne sont intervenus pour bloquer des familles – 150 personnes – sous prétexte qu’elles allaient commettre un délit. Jamais une commune, en l'occurrence Gampel (Valais), n’a légiféré aussi rapidement pour interdire la venue d’une population précise. Jamais Philippe Nantermod, en dix ans de politique fédérale, n’a tenu des propos aussi virulents à l’endroit d’une catégorie de personnes.
Bref, quand il s’agit des nomades, on tire à vue. Et qu’on le veuille ou non, c’est un problème.
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