La communauté des gens du voyage établie depuis des années au camping du Bois-de-Bay à Satigny accuse le directeur du camping de discrimination raciale. Ce dernier leur a notifié un avis d’expulsion pour loyers impayés et nuisances. Plusieurs plaintes ont été déposées.
Ambiance délétère au camping du Bois-de-Bay depuis fin juillet. Plusieurs locataires issus de la communauté des gens du voyage ont reçu un avis d’expulsion immédiate de la part du directeur. «Il indique que nous ne sommes pas à jour dans nos loyers, dans le paiement des factures d'électricité, dans le tri des déchets, des rentrées tardives le soir, c'est faux et c'est de la discrimation envers notre communauté» dénonce Franck Barra, locataire au camping depuis des années.
Le motif invoqué dans les courriers par le directeur du camping porte sur des loyers impayés. «Il s'agit d'une caution partiellement remboursée, qu'on fait valoir illégalement comme un loyer avec menace d'expulsion» défend l'avocat retraité des gens du voyage, Jérome Bassan.
Contacté, le directeur du camping n’a pas souhaité réagir et nous a renvoyé vers son avocat qui nous a précisé : «Toutes les procédures d’expulsion en cours au Camping du Bois-de-Bay concernent des locataires en défaut récurrent de paiement de leurs loyers». Des poursuites judiciaires sont pendantes.
Les trois locataires concernés réfutent et sont bien décidés à rester. Le dialogue rompu, ce conflit de voisinage est désormais dans les mains de la justice.